Côte d’Opale

Il y a comme çà des plats qui vous marquent à jamais.

Je parle évidemment de ceux qui vous transportent, vous touchent, vous font frissonner de plaisir et émotions, j’éviterai de revenir sur ceux qu’on aimerait oublier.

Le Gargouillou de Bras, le capuccino Terre & Truffes de l’Arnsbourg, le saumon à la réglisse du Fat Duck, le King Crabe chez Noma, le pigeonneau à la fève tonka de l’Air du Temps, la barbue de Roellinger…

Hier soir, souhaitant rebondir après une décevante expérience gastronomique vendredi dernier, je me suis réfugié avec quelques collègues de bonne compagnie chez In de Wulf (pour ceux qui n’aurait pas visité ce blog depuis quelques temps, voici le dernier CR en date).

Et après quelques tapas apéritives, est arrivé devant moi cet ovni culinaire, intitulé sur le menu Côte d’Opale.

Avec les moyens du bord (et je remercie une collègue pour disposer d’un téléphone faisant des photos de qualité acceptable), nous immortalisons l’instant.


Sur ce galet froid, presque givré, on vous sert les éléments reconstituant les goûts, textures et parfums de cette petite côte nichée entre Calais et Boulogne sur Mer.

Cette création inspirée dans son concept par ce que propose Noma à Copenhague (sur un visuel similaire mais tourné vers la terre et les légumes) est prodigieuse.

La première bouchée vous explose en bouche, vous fait chavirer de plaisir. C’est iodé, vif, quelques perles d’huîtres azotées, des coques, encore des huîtres, des algues, de la mousse, du croquant rappelant le sable des plages, une composition en différentes textures qui forme un magnifique paysage, vous transporte immédiatement en bord de mer, et pour longtemps…

C’est parfaitement harmonieux, totalement surprenant et absolument inoubliable. Je reste, certes assis, longtemps groggy par un tel choc gustatif, une telle émotion sur un plat qu’on n’a pas vu venir…

Quelques heures plus tard, je félicite le chef. Une émotion pareille ne peut rester sans retour vers celui qui vous la procure.

Kobe et Darinka m’expliquent qu’ils ont été cherchés les galets eux-mêmes sur les plages du Cap Gris-Nez. 70 galets, sélectionnés, ramassés, emportés, traités, … 70 galets … quand on aime, on ne compte pas.

Et moi je dis simplement : bravo et merci.

Laurent V

3 commentaires

  1. et encore une claque visuelle pour le cuisinier que je suis ! comme j’aurais voulu avoir cette idée !!!! Il va vraiment falloir que j’aille voir ce qui se passe de l’autre côté….

  2. et encore, la photos ne traduit pas les couleurs du plat comme cela devrait…

    faites signe le jour où vous passez, je suis prêt à organiser la tournée du nord ! :o)

    Au plaisir
    Laurent

  3. votre déception ne concernerait pas votre repas chez David Zuddas?
    Merci pour la proposition « tournée du Nord », c’est très gentil. Continuez à nous parler de ces Chefs fabuleux, ils me fascinent…
    D’ailleurs, NoMa figure au palmarès du Carnet de Route Omnivore 2008, comme quoi le talent dépasse les frontières. J’espère que L’Air du temps & In De Wulf en feront partie en 2009, je vais leur suggérer.

    Walter


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