Hof van Cleve

Dîner du samedi 19 juillet 2008

Revenir au Hof van Cleve : voilà l’un des moments gastronomiques que j’attendais le plus depuis que réservation fut prise en février dernier lors de ma première visite, lors d’un déjeuner improvisé

C’est donc avec impatience et excitation que je reprenais la route du nord ce samedi pour y dîner avec des amis qui eux allaient découvrir cette adresse.

15h : avec ma douce nous quittons Paris, même pas en retard (juste 2 heures, nos amis sont presque déjà sur place…)

18h15 : nous arrivons à notre hôtel (hôtel Messeyne, superbe établissement par ailleurs), situé à Courtrai, soit à 20 minutes en voiture du Hof van Cleve. Pas le temps de profiter des saunas et hammam qu’il est déjà temps de se préparer pour notre dîner.

20h : nous franchissons la porte du Hof van Cleve et sommes accueillis avec sourire et gentillesse par Madame Goossens et le personnel de salle. Notre table est située au bout des 2 salles en enfilade, près de cuisines, ce qui nous permet de constater que nous sommes quasiment les derniers clients arrivés, c’est vrai qu’on mange tôt en Belgique…

L’endroit est toujours aussi agréable à la vue et dégage une atmosphère apaisante et confortable, notre salle étant inondée par les derniers rayons d’un soleil près de se coucher.

« Un apéritif vous ferait plaisir ? »… et comment !, je demande la carte des vins et sélectionne un Roederer 1996 qui nous fera le plus grand bien.

Côté menu, rien de plus simple : nous optons pour le menu Fraicheur de la Nature complet, sans les vins associés car cette fois je ne serai plus déçu comme la première fois, je tiens à choisir mes vins à la carte.

Dès le départ, dès notre arrivée en fait, le ton est donné. Le service est on ne peut plus actif et gère ce début de repas avec rythme et attention : on nous présente la sélection de pains (excellente), une huile d’olive, les beurres (demi-sel et fermier) et les eaux tandis que les premières mises en bouche font leur apparition :

La première, chaude : une délicieuse croquette de crevettes grises, d’une incroyable concentration de goûts, la seconde : une composition à base d’espadon, sur la frâicheur mais tout aussi goûteuse.

Pour suivre, les asperges à la flamande revisitées : tout y est : les oeufs, le persil, le beurre et évidemment les asperges, mais dans une version micro de grande précision : extra.

On enchaîne avec un sorbet mangue, concombre, maquereau et billes de pickles : voilà une dégustation où tout doit être mangé ensemble, sans quoi, cela manque un peu de relief et saveurs.

Et pour finir, betterave et hareng en texture souple et onctueuse (phénoménal) et un petit canelloni de maatjes hollandais : fantastique, sans hésiter les 2 meilleures dégustations avec la croquette aux crevettes.

Je reçois à nouveau la carte des vins. Imposante, couvrant la plupart des régions viticoles du monde, elle affiche une certaine profondeur sur les Bourgogne, Bordeaux et sur l’Italie, dommage que certaines autres régions soient certes présentes mais un peu retrait (Rhône, Languedoc, Loire, Australie…).

En avant pour quelques valeurs sûres pour ce repas avec dans l’ordre : un Riesling Hauserer Zind-Humbrecht, 1998, suivi d’un Condrieu Deponcins François Villard, 2006 et enfin pour les viandres un Arte, Domenico Clerico, Langhe, 1998.

Place maintenant au menu de ce soir :

Langoustine « Guilvinec », curry / kalamanci / avocat

Magnifique première entrée. Langoustines en carpaccio et juste saisie, fraîcheur de l’accompagnement, acidité, douceur, un plat qui explose en bouche, un vrai régal.

Thon « Bleufin », tomate / crabe / algues

Des produits de très grande qualité, parfaitement travaillés, nous sommes surpris par des assiettes aussi copieuses alors qu’il nous reste encore une dizaine de services. Miam…

Homard de l’Escaut de l’Est, asperges des dunes / basilic / belotta

 

Excellente préparation : le homard est tel qu’on peut l’imaginer sur la photo, bien en chair, goûteux, frais, et surtout parfaitement cuit. Le canelloni de bellotta aux asperges, le jus de homard et les coques offrent un ensemble cohérent, réellement savoureux, mais encore une fois, relativement copieux.

Cabillaud du Danemark, cresson / bouillabaisse / poivrons doux

Qualité fantastique de poisson à nouveau. Superbe quenelle de poivrons, jus bien équilibré. Un très bon plat qui n’arrive cependant pas au niveau des précédents. 

Sole de la Manche, crevettes grises/ poireau / aubergine

 

Bis répétita : l’association des différents produits fonctionne à merveille, les cuissons sont justes mais c’est surtout la finesse des préparations et la précision et force des saveurs qui impressionne. Magnifique.

Porc « Iberico », choux-fleurs / soja / xérès

Plat le plus discutable de ce menu. Le porc est magnifque, le lard est fondant et goûteux à souhait mais peut se révéler un peu trop gras et écoeurant, d’autant que la sauce ne fait pas dans la légèreté non plus.

Nous échangeons à ce sujet avec l’un des serveurs qui reconnait que ca peut faire un peu lourd en effet.

 

Veau de Corrèze « sous la mère », févettes / morilles/ petits pois

On repart de plus belle avec un plat de viande exceptionnel. Le veau est fondant, cuit rosé à la perfection. L’association avec févettes, morilles et petits pois apporte de la rondeur pour en faire un plat assez doux au final. Pour l’accompagner, servi à côté, une extraordinaire joue confite, chapeauté de filaments de pomme de terre frits. Ce plat entre diretement dans mon top 3 de la soirée avec la langoustine et le homard.

Avant les desserts, un petit shot en pré-dessert :

Fraises « Gariguettes », verveine / litchi / thé samba

Visuellement, les produits sont formidablement mis en avant sur cette assiette blanche.

En bouche, c’est frais, savoureux à souhait. Mais à nouveau, servi en déclinaison, tout cela s’avère très copieux, cela ne nous déplaît pas, que du contraire, mais je ne me rappelais pas de telles quantités.

 

Chocolat « Ecuador 70% », framboise / pistache / caramel

Un dessert tout en gourmandise, autour du chocolat, proposant des framboises d’un calibre exceptionnel (et le goût suivait…). Un vrai régal qui clôture le menu.

Chocolats et mignardies

En fin de repas, cela ne s’arrête plus. On ne vous montre pas les madeleines sorties du four, ni une sucette au coco. Pas de photo non plus de superbes croustillons (sorte de beignets). Un festival de douceur aussi bonnes les unes que les autres. Et ce n’est pas fini car arrive la dernière assiette de gourmandises, toutes bien évidemment faites maison.

Après un tel repas, avec de si bons vins, vous pouvez mourrir tranquille. On attendra encore un petit peu car il nous reste quelques adresses à faire, mais dans son registre, la cuisine de Peter Goossens est proche de la perfection. Ce repas s’est encore avéré meilleur que le précédent. Trois mots qui nous viennent à l’esprit pour résumer ce repas : finesse, goûts et produit.

Chaque plat est d’une absolue finesse (avec cette réserve pour le porc). Les saveurs sont directes, explosives souvent en bouche, rarement trop, ni trop peu. Enfin, il n’y a de bonne cuisine sans bons produits et ceux proposés par Peter Goossens sont de toute première qualité.

Une vraie soirée « plaisir », un fabuleux moment, magique, entre amis. Afin de célébrer cette fin de repas et l’anniversaire de l’un de nous, nous achevons notre voyage avec une coupe de Dom Pérignon 2000.

Quelques minutes plus tard, nous laissons l’Hof van Cleve derrière nous et repartons vers notre hôtel. Nos avis sont unanimes et convergent vers la même conclusion : une grande et belle table, le meilleur repas de leur vie pour mes amis, pour ma part, ce repas conforte sa position dans mon top 3 personnel.

GoTiquement vôtre,

Laurent V

7 commentaires

  1. Quelle finesse et sens du détail, c’est fantastique de beauté, décidément ce plat pays fait bien des vagues….

  2. sympa le blogue

  3. Hi Laurent, we had the same menues at HvC and interestingly we agree on every dish except the pork. Just managed to publish my report on my blog…

    Cheers
    Ingo

  4. > Walter : en effet, y’a de quoi faire, je n’ai pas encore visité Pastorale (2*), De Jonkman (1*) – intéressante review d’Ingo sur High-end Food), ni t’Zilte (autre 2*)

    > Ingo : Yup, i just read your HvC post : seems we have experienced the same dinner and have the same opinions (except for the pork indeed :o). Should i conclude that I must now try de Jonkman asap ? :o) Cheers !

  5. Laurent, you do de Jonkman and I do In de Wulf or we meet somewhere… Haven’t been to t’Zilte but Filip Claey rcommended it very strongly… But quite a trip from FFnakfurt, but we go the extra mile…
    Best
    Ingo

  6. Merveilleux repas à la carte ce samedi soir avec ma belle. Anguille et ravioli de joues de boeuf en entrée (interprêtés en 2 service) , suivis du Wagyu n°9 cuit en croûte de sel (possibilité de reprendre une portion équivalente à la 1ère assiette!) puis amandes faro & pommes greenstar, le tout accompagné d’un joli Condrieux et d’un Palmer 98. Amuses-bouche, pains et mignardises au diapason. Service aussi pro que gentil et prévenant. Cadre intime et reposant.
    La gastronomie et l’accueil au superlatif…
    Merci de ta reco.

  7. > Maje : ravi de lire que cette expérience vous a plu, une adresse valant le déplacement en effet, un beau 3 étoiles (beau choix de vins par ailleurs🙂.


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