Le Cinq

Dîner du mercredi 6 août 2008

Retour au Cinq en cette chaude journée d’été. Une visite motivée non seulement par le plaisir de dîner dans un endroit qui nous est cher à ma douce et moi mais aussi par la (re)découverte de la cuisine du Cinq version Briffard (petit rappel pour ceux qui n’auraient reçu l’info : Eric Briffard, chef 2* des Elysées Vernet est le transfert de l’année, partant au Cinq où il remplace Philippe Legendre).

Nous sommes les premiers arrivés et profitons de la quiétude des lieux pour prendre quelques clichés.

A cet instant de la journée, les lumières artificielles commencent à se mêler à la lumière du jour. La salle entière baigne dans une douce atmosphère, empreinte de calme et sérénité. Les décorations florales font toujours autant d’effet et concourent au plaisir d’être à table au Cinq.

Thierry Jacques, Directeur de Salle, nous accueille avec toujours autant de gentillesse et nous conduit à notre table au centre de la salle.

Si le lieu est toujours aussi magique et le service cotoyant plus que jamais la perfection, la carte affiche quelques modifications témoignant de l’arrivée du chef et avec lui la présence de plats qu’il a emmené dans ses valises. Les menus quant à eux sont toujours présents à la carte : le Dégustation à 210€ et le Découverte à 135€ avec certes un plat en moins qu’auparavant.

Eric Briffard passe une tête en salle, il le fera plusieurs fois dans la soirée, sans pour autant aller plus loin : ce poste d’observation semble lui convenir à merveille, en retrait et en totale discrétion.

Les beurres font leur apparition à table dont ce fameux beurre aux algues de chez Bordier, avec un bon pain, on pourrait juste s’en faire tout un repas tant c’est bon.

Arrive ensuite un trio d’amuses-bouches dont un très bon sablé au parmesan

Nous portons notre choix sur le menu Découverte : 2 entrées, plat, fromage et desserts. Comme je le disais, un service en moins certes sur papier, mais stoppons là immédiatement toute conclusion hâtive : la cuisine de Briffard ne peut être comparée à celle de son prédécesseur Philippe Legendre, wait and see donc.

Et tout de suite, on note un premier effet de ce changement : une mise en bouche digne de ce nom fait son apparition, à base de tourteau et avocat : tout en fraîcheur et délicatesse.

J’aime assez bien cette présentation sur fond de glace qui permet de conserver une température suffisamment fraîche, ce qui est indispensable pour apprécier les saveurs proposées.

On entame ensuite le menu Découverte, que nous avons choisi avec les vins associés – à noter cette sélection de vins (70€) accompagnant votre menu : 5 services, 5 vins différents – et le service s’avérera bien généreux – merci Timothée :o).

Araignée de mer, crèpes frais marinées à l’oseille, huile vierge coraillée

Gruner Vetliner 2006, Schloss Gobelsburg

 

Excellente première entrée. Produits de première qualité. L’araignée de mer est correctement assaisonnée et l’association avec les cèpes et l’huile coraillée offre un heureux mariage.

Bar, jus de pomme et wasabi, pommes ratte de Noirmoutier, mousse d’écume de mer et algues

Macon Milly Lamartine, Clos du Four, Les Héritiers du Compte Lafon

Un plat absolument divin, l’un des meilleurs que nous ayons mangé au Cinq. La qualité du bar est excellente, mais c’est également les coquillages et ce jus vert pomme/wasabi qui font effet, proposant un ensemble savoureux avec le bar.

Histoire de nous en mettre plein la vue, des petites pommes ratte de Noirmoutier au beurre et surtout cette mousse d’écume de mer et algues offrent un accompagnement au bar de tout premier plan. On se régale. 

Pigeonneau du Pays de Racan doré aux cinq épices

The Holy Trinity, Grant Burge, 1999

 

Voilà l’un des plats « signature » de Briffard aux Elysées, cette version Cinq est fidèle à sa réputation. La pastilla est excellente tout comme les cerises qui accompagnement un pigeonneau parfaitement cuit.

A noter un bel accord avec ce syrah australien, épicé à souhait.

Bûchette de chèvre de Provence, l’huile de Nepita, confit d’olives

Sancerre Nuance, Domaine Vincent Pinard, 2006

Très belle et surtout très bonne proposition de fromage. L’accord avec le Sancerre se révèle opportun même si ce vin ne fait pas partie de mes favoris. 

Comme un liégeois aux fraises, granité de mojito au rhum blanc

Moscato d’Asti, La Spinetta, 2007

Un dessert « quitte ou double ». Assez original dans sa composition et les saveurs associées, il faut un palais averti et estomac solide pour supporter le choc. Si les premières bouchées s’avèrent fraîches et réveillant vos papilles, sur la longueur, la forte présence du granité de mojito au rhum se révèle un peu too much et nous empêche de finir ce dessert. A revoir selon moi.

Le chariot de mignardises

Souvenez-vous du Bristol où le chariot proposait un maigre choix (et de qualité moyenne), voici un double plateau proposant une dizaine de douceurs de très haute qualité à déguster. Nous ne nous faisons pas prier et nous montrons fidèles à notre réputation de grands gourmands.

Ainsi s’achève cet excellent repas. A l’exception du dessert, c’était littéralement un sans faute. Une cuisine différente de celle réalisée par Legendre, qui me parle personnellement un peu plus. La qualité des produits est certes constante, mais cette cuisine me semble plus pointue, précise, équilibrant créativité et classiscisme à bon escient, tout cela couronné par une générosité réelle dans l’assiette (souvent accompagnée de petites dégustations complémentaires).

Avant de quitter définitivement les lieux, nous discutons encore un peu avec Thierry Jacques. Il m’avoue que la carte 100% Briffard ne sera définitivement opérationnelle qu’à l’automne. Nous sommes donc toujours dans une phase transitoire. Nous, nous trouvons déjà que les influences sont déjà bien présentes, dans l’approche de service et création d’un plat mais aussi de par la présence de certains plats de référence de Briffard aux Elysées : le pigeon ou le fameux homard bleu aux aromates par exemple.

Que nous soyons encore en période de transition n’est finalement qu’une très bonne information, nous obligeant à revenir d’ici quelques mois, et notre prochain dîner est d’ores et déjà fixé en novembre.

Minuit trente, le Cinq referme bientôt ses portes, après un nouveau service ayant procuré une nouvelle petite dose de bonheur à ses visiteurs. Et nous ne regretterons jamais d’en faire partie…

Laurent V

4 commentaires

  1. I apologize for not being able to write as fluently (or competently) as I am able to speak French. Thanks for this update on Le Cinq. I was there three years ago under Legendre (right before it was demoted to two stars) and found it rather breathless and deflating. I’m anxious to see where Briffard will take the restaurant; hopefully, back to its status as a « trois etoile. »

  2. Don’t apologize, and thanks above all to read it in french ! I agree and hope too that Le Cinq will find its third star back soon.

    By the way, i’ve been through your blog (fantastic !), and i’ll add it to my blogroll asap : what an impressive number of meals are decribed there.

    Cheers !
    Laurent

  3. Chèr Laurent,

    J’envisage à l’occasion d’un important anniversaire un déjeuner dans un restaurant gastronomique,et je n’ai pas le droit à l’erreur,pouvez vous me conseillez,car j’hésite fortement entre le Cinq & Le Meurice,vous avez l’air avisé et vos conseils me seront très précieux.
    Merci beaucoup.
    Jade

  4. Un régal pour les sens, restaurant magnifique, cuisine délicieuse, parfait !


Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s