2008 de A à Z

2008 est bientôt derrière nous, alors l’heure est au retour sur quelques moments forts de cette année gourmande écoulée…

A comme Alinea

L’un des plus beaux repas de l’année, voir de ma vie. 28 plats pour une performance de haut-niveau sur plus de 5 heures, une cuisine étonnante, bouleversante, tantôt spectaculaire, tantôt intime et simple. Un grand bonheur. Inoubliable.

B comme Bigarrade

Découverte récente mais qui a touché en plein coeur. 20 couverts, cuisine ouverte, 2 menus surprise. On se laisse embarquer au gré des produits de saison et de l’humeur du chef. Tout cela pour un rapport qualité/prix unique sur Paris : 45€ le menu gourmand pour 7 services au déjeuner. Que dire…

C comme Convives

Il n’est pas de bon repas sans de bons convives. Alors c’est  à celles et ceux avec qui je partage ces moments de plaisir que je pense.  Famille, amis GoT, amis non GoT, collègues, bloggeurs, merci à vous (chacun se reconnaitra…).

D comme Degeimbre

Un ami. Un talent. Sang-Hoon Degeimbre, chef de L’Air du Temps s’est vu doublement récompensé cette année : 18/20 au GM et 2ème étoile au Michelin Belge. Mes récents repas chez lui furent d’un très grand niveau, comme si cette reconnaissance était initiatrice d’un nouvel élan, d’un second souffle pour finir l’année en beauté. Pour couronner le tout, Maxime, sommelier passionné et passionnant, s’est vu consacré Sommelier de l’année par le Gault&Millau belge. Quelle année pour San et son équipe. On attend vivement de les voir à l’oeuvre en 2009.

E comme El Bulli

On jette l’éponge. 4 ans de tentatives infructueuses. Des mails à la pelle, à la seconde près parfois pour respecter les consignes (« pas avant mi-octobre »), mais rien n’y fait. On ne vivra peut-être jamais cette expérience de manger chez Ferran Adria, alors on va rebondir bien comme il faut et visiter ses compatriotes (el Poblet, Mugaritz et les Roca en tête), ce ne sont pas les belles adresses qui manquent. Non mais !

F comme Fantin Latour

La belle surprise de l’année pour GoT. Un long déplacement certes, mais comme notre attente fut comblée !! Par la cuisine de Stéphane Froideveaux d’abord : puissante, goûteuse à souhait, végétale, tournée vers la nature, d’un visuel exceptionnel qui rappelle Marc Veyrat (pour des prix qui le font oublier). Pour l’homme ensuite. Un chef accessible, ne cachant son plaisir de nous recevoir, nous faisant participer au repas depuis les cuisines. Quelle générosité. Nous espérons y retourner en 2009.

G comme Gauthier

Alexandre Gauthier. Fabuleux personnage. Chef attachant et ô combien talentueux. Quelque chose me dit que 2009 devrait être une belle année pour Alex. Mon dernier repas de novembre fut reçu comme une droite en pleine face. Un repas coup de poing, un uppercut qui vous fait vasciller, mais on est resté debout, et on a joui des superbes réalisations d’un chef qui s’est trouvé un nouvel élan, une identité encore d’avantage affirmée. Vivement qu’il nous revienne de vacances, on a hâte de voir la suite.

H comme Hof van Cleve

2 visites cette année qui m’ont fait comprendre pourquoi le Hof van Cleve de Peter Goossens affichait maintenant depuis des années un 19,5/20 au G&M et 3 étoiles Michelin solidement ancrées. L’une des mes 2 plus belles expériences 3 étoiles de cette année avec en point d’orgue cet inoubliable dîner entre amis par une belle soirée de juillet.

I comme Inoubliable

Tel est et restera notre séjour gourmand à Bordeaux en mai dernier : inoubliable. Organisé de main de maître par Patrick Chazallet, nous avons enduré 6 repas en 3 jours, soit environ 60 plats et une 30aine de vins différents. Valeureux guerriers, trois épicuriens GoT ont fait la totale (Laurent L, Guillaume et votre humble serviteur). Des journées magiques, de plaisir à table mais aussi en dehors. Encore merci à toi Patrick (non seulement pour ton organisation mais aussi pour avoir immortalisé cet instant de pure grâce).

J comme Jayer-Gilles

Echézeaux Grand Cru 1999 de chez Jayer-Gilles. L’une de plus belles bouteilles dégustées de ma vie à l’Agapé. Un moment inoubliable grâce à ce flacon partagé entre amis, pour une soirée mémorable.

K comme Kobe

Kobe Desramaults, chef d’In de Wulf (Belgique). Une adresse coup de coeur depuis 2 ans, bientôt 24 visites, quand on aime on ne compte pas. La cuisine de Kobe est exceptionnelle. En mouvement. En permanente évolution. Mais avec une constance : la qualité de produits régionaux qu’il met en avant avec fierté et talent. Si on rajoute un cadre confortable et contemporain, un service jeune et convivial, In de Wulf devient plus qu’un restaurant gastronomique, c’est lieu hors du temps que l’on quitte chaque fois avec regrets.

L comme Ledoyen

Un déjeuner exceptionnel qui restera comme l’un des repas de l’année. Aujourd’hui, quand je pense à Ledoyen, je vois son bar truffé et son spaghetti/jambon blanc/truffes revisité : 2 plats d’anthologie. Et qu’une seule envie depuis : y retourner.

M comme Martin Berasategui

Un grand homme. Accessible, ouvert, disponible, volubile. Une formidable rencontre. Finalement, avec du recul, on se dit que Martin Berasategui est à l’image de sa cuisine, qu’il sert sur les hauteurs de San Sebastian. Moderne et généreuse. Une magnifique rencontre pour un tout aussi magnifique dîner.

N comme Noma

On a déjà écrit tant de choses sur Noma. Que dire de plus ? Pas grand chose si ce n’est que René Redzepi, son équipe, son restaurant et sa cuisine représentent pour moi ce qui se fait de mieux aujourd’hui en terme de plaisir de la table. Le repas de mai dernier m’avait valu de belles émotions, encore clairement présentes en moi aujourd’hui. Il me tarde de vivre les prochaines. Il n’y a rien de plus merveilleux de nos jours pour un passionné comme moi que de connaitre la date de son prochain repas chez Noma (ce sera donc pour mai 2009 🙂 ).

O comme Ormeaux

Je n’avais jamais mangé d’ormeaux avant notre déjeuner chez Michel Portos, chef du Saint-James. Un magnifique plat, associant ormeaux, billes de légumes et bouillon, un grand souvenir. Voilà un chef plutôt discret qui délivre une belle cuisine : gentillement créative, nette et précise, violemment savoureuse. Les assiettes qui sortent méritent qu’on parle d’elles tant elles éclaboussent de brio et de plaisir. Et tout cela dans un cadre enchanteur, un magnifique hôtel niché sur les hauteurs de Bouliac, qui invite aux plaisirs de la table : avant, pendant et après.

P comme aga

Je ne pouvais pas ne pas rendre hommage aux multiples beaux repas vécus à cette table ouverte en 2008 et que je fréquente assidument depuis septembre. Je ne résiste pas au charme – non pas de l’équipe de salle – mais de cette cuisine légère et raffinée, épurée mais tellement juste que réalise le chef Bertrand Grebaut. Et ce qui me comble de plaisir à chaque visite, c’est le plaisir vécu à déguster leurs vins, soit servis à l’aveugle par Laurent et/ou Olivier, soit choisis dans le livre de cave, l’une des plus belles cartes de vins sur Paris pour un restaurant de cette capacité. Une de mes adresses préférées sur Paris, je l’avoue bien volontiers.

Q comme Question

C’est où et quand le prochain repas GoT ? Facile : Oud Sluis (Pays-Bas), le 11 janvier.

R comme Roellinger

Un évènement dans le microcosme de la gastronomie : Olivier Roellinger cesse son activité de chef au Relais Gourmand (triple étoilé Michelin). Il faudra maintenant se rendre au Chateau de Richeux où se trouve le restaurant le Coquillage pour y faire bombance. C’est là qu’Olivier Roellinger poursuivra son voyage, délèguant les fourneaux à ses seconds. J’ai eu la chance de goûter à la cuisine de Roellinger en décembre 2007, une cuisine d’auteur, inspirée par la mer et les épices. Un immense cuisinier.

S comme Spaghetti bolognaise

Un plat qui me rend heureux. Il ne m’en faut pas d’avantage, un plat simple, mais tellement bon quand réalisé avec de bons produits. Et j’en ai mangé du spaghetti bolognaise cette année , facilement un par semaine. Je pourrais probablement en manger tous les jours tant j’adore cà. Je ne le mange d’ailleurs quasiment jamais au resto car je redoute d’être déçu. Alors je préfère assurer, faire suer mes oignons, dorer la viande hâchée, soigner l’assaisonnement et verrouiller le tout avec une sauce tomate légère et parfumée. Avec des De Cecco al dente et un peu de fromage rapé, accompagné d’un petit rouge du caviste légèrement boisé, que demander de plus ? De faire aussi bien la semaine suivante bien évidemment.

T comme Thierry Marx

Le plus beau dîner de l’année dans le cadre de GoT. Une belle tablée, un magnifique cadre. Une cuisine généreuse, un grand menu, de beaux flacons. Thierry Marx nous a salué brièvement, s’inquiétant de notre bien-être. Un homme finalement discret, un personnage suscitant curiosité. Voilà une adresse où je retournerais volontiers, pour d’avantage découvrir l’homme, pour déguster ses dernières créations, pour y re-découvrir les classiques et profiter du service impeccable totalement dévoué à la cause de cette gastronomie que certains qualifient d’avant-gardiste.

U comme Ursules

Champagne Blanc de Noir Roses de Jeanne, cuvée les Ursules de Cédric Bouchard. Souvenir impérissable d’une belle soirée entre amis. Il y a des émotions comme cela que l’on oublie pas. La découverte de ce champagne en fait partie.

V comme Vin

Compagnon indissociable d’un repas, le vin est désormais devenu une passion à part entière. Et 2008 fut une année riche en découvertes et dégustations. A commencer par quelques lectures absolument jouissives : Le Gout et Le Pouvoir de J. Nossiter, ou plus simplement Les Gouttes de Dieu, manga japonais divertissant et instructif. Côté flacons, comment ne pas se souvenir de ce Gewurtz VT 1976 de chez Schlumberger, de ce Rasteau Gourt de Mautens 1999, des délicieuses soirées thématiques de l’Air du Temps : Heyman-Loewenstein, Zind, Boxler ou encore André Beaufort ou Fallet-Prevostat 78, de ce Gevrey-Chambertin Vieilles Vignes 99 de chez Charlopin… Sans compter les Muntada, Grange de Pères, autres Coche-Dury et bien sur cet Echézeaux 99 de chez Jayer. 2008, un beau millésime.

W comme WD-50

La table la plus controversante de cette année. 100% décalée. 100% interpellante. On n’en ressort par indemne. Entre autres grâce aux desserts d’Alex Stupak et à la douce folie du chef Willy Dufresne. Un passage obligé à NY.

X comme Ximenes

Pedro Ximenes. Souvenir d’une dégustation de fin de repas, totalement improvisée d’un Pedro Ximenes de 1947. Fabuleux. Gourmand. Alcooleux. Un premier verre inoubliable de plaisir. Un second qui nous a achevé. Belle soirée.

Y come Yuzu

Un agrume japonais que l’on trouve un peu partout de nos jours. Et malheureusement parfois à toutes les sauces. Je retiendrai ma première dégustation chez San à L’Air du Temps qui profita d’une livraison de qualité exceptionnelle pour le mettre à sa carte. A Paris, Meiji l’utilise avec parcimonie mais toujours avec bon goût. Je suis fan.

Z comme Ze Kitchen Galerie

Une évidence. Une cuisine qui garde le cap et délivre des assiettes toujours aussi savoureuses et précises. Je suis un inconditionnel des bouillons et pâtes de William Ledeuil, et ce n’est pas mon dernier repas en date qui me fera changer d’avis.

En bref, une magnifique année, difficile de faire mieux mais qui sait ? Place maintenant à 2009 !! Belle et heureuse année à toutes et tous !

Laurent V

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La Grenouillère

Dîner du vendredi 7 novembre 2008

Difficile de ne pas achever cette année sans un dernier post sur l’un des repas les plus extraordinaires, au sens strict du terme, de ces derniers mois.

Cela faisait quelques mois que j’espérais pouvoir revenir à cette auberge qui m’est chère. Ma dernière visite remontait à février, et entre temps, rien, néant, pas moyen d’y faire le moindre détour. Depuis, la carte d’Alexandre Gauthier a évidemment changé et c’est par blog interposé que j’ai suivi – de très loin donc – sa cuisine.

Aussi, quand un ami belge, motivé par l’expérience, me suggère d’y aller ensemble,  je saisis l’occasion de mes petits bras musclés et ne la lâche plus.

Nous arrivons, lui de Belgique, moi de Paris, vers 17h, puis le temps de prendre possession de nos chambres d’hotel respectives et de visiter les rares bars ouverts de Montreuil, nous débarquons vers 18h30 à La Grenouillère.

Alexandre nous accueille à bras ouverts et nous propose de prendre l’apéro : la bouteille de blanc fait son entrée en scène. 1h plus tard, elle s’est vidée de toute substance et nous voilà attablés dans la désormais fameuse « salle aux grenouilles ».

 

Alexandre m’avait prévenu quelques minutes auparavant : sa cuisine a évolué depuis ma dernière visite et son inspiration est désormais plus ancrée dans son terroir. Si le fond a changé, il me prévient aussi que la forme a suivi : une cuisine directe, plus sauvage, animale, voir brutale. On part donc sur un menu surprise, les ceintures sont solidement accrochées, on est prêt pour le voyage.

On commence avec la moule frite revisitée (un classique). Une frite de riz, quelques moules, une hollandaise en légèreté.

Tasse d’eau de mer

Du déjà mangé mais du toujours aussi bon. Une dégustation iodée où la fraicheur des produits crus (bar, coquillages) cotoie la puissance d’une eau de mer pointue et tranchante comme un brise lame.

Potiron, coques en salade

Quand cette assiette débarque, on commence à se dire que notre ami Alexandre a effectivement des choses à dire.

Sous ce bouquet de tagliatelles crues de potiron, une marmelade de potiron assaisonnée et des coques. Cela parait enfantin et les premières bouchées sont surprenantes. Car la dégustation de potiron cru n’est pas courante. Or ici, cette douceur subtile du potiron, associé aux coques et à ces parfums poivrés et iodés, déroute mais fonctionne très bien. Belle entame.

Clams, clémentines grillées…

3ème entrée et voilà déjà l’un des plats de la soirée. L’association clémentine/clam est incroyable. Evidente même. Les clémentines sont grillées, comme marquées au fer : brutalité dans la préparation, subtilité et complémentarité des goûts au final. Enorme.

Oursin, laitue de mer…

On continue sur notre lancée : l’oursin domine et on nous conseille de déguster la langue d’oursin posée sur le bord du galet en premier. Sous l’émulsion, une laitue de mer, crémée, encadrée de quelques autres langues d’oursins (il en manquait peut-être d’avantage pour soutenir l’entame du plat assez forte). Encore un plat de grande pureté et intéressant dans sa réalisation.

Noix, trompettes et veau…

Imaginez une noix de veau crue, finement tranchée – ne dites pas façon Carpaccio, Alexandre n’aime pas :), quelques fines lamelles de choux de Bruxelles, le tout reposant sur les trompettes chaudes. Contraste de température. Contraste de textures. Association parfaite de goûts. A nouveau 2 à 3 goûts maximum par assiette, le produit dans son essence même. Excellent.

Terreau

Le plat suivant n’est pas directement servi dans l’assiette mais présenté d’abord à table comme si c’était une parcelle d’un potager qui vous était délivrée : le directeur de salle procède ensuite au service des portions et chacun se retrouve avec un potager miniature à déguster : radis, champignons, graines torréfiées. Détonnant. Le goût du terreau est trop prononcé pour moi mais j’apprécie tellement l’idée que je finis mon assiette jusqu’à la moindre feuille.

Homard

Lorsque ce plat arrive, inutile de vous dire que nos yeux s’écarquillent. Le plat arrive encore fumant, senteurs boisées, on est déjà transporté. Puis en soulevant quelques branchages, on découvre une queue de homard, juste mi-cuite. Je précise bien mi-cuite car c’est une cuisson totalement inhabituelle.

C’est à dire que la chair est encore transparente et ferme à souhait. Histoire de pousser l’expérience jusqu’au bout, Alexandre souhaite que ce plat soit déguster avec les doigts. On entre alors dans un autre monde. Après le tartare de Noma, le homard de la Grenouillère. C’est totalement décadent, primitif voir animal. La chair mi-cuite se bombe sous la pression de nos doigts puis de nos dents. Elle explose littéralement en bouche, se déchire. Et on remet cà, dévorant cette queue de homard avec une jouissance non feinte. Extraordinaire.

Oignon

On n’est pas encore remis du plat précédent qu’arrive cet autre plat extra-terrestre : un oignon, un jaune d’oeuf. Le tout légèrement cuit (salamandre je présume) et servi avec un poivre aux parfums envahissants.

Certains vont crier au scandale de voir un oignon être servi dans un restaurant de cette renommée. Moi je crie au génie. On est ici sur un plat surprise, provoquant, d’une simplicité extrême, misant tout sur le produit. Fondant, tiède, goûtu sans être écoeurant, un moment de grande pureté. Enorme, encore.

Gnocchis, ail confit

Mystère sous cette cloche. Et on se demande ce qui peut être servi après les plats précédents, notamment cet oignon totalement jouissif. Alexandre a la réponse et nous propose ces gnocchis, fumés et nappés d’ail confit.

Là encore, on peut craindre que l’ail soit dominant avec tous les effets néfastes tant redoutés. Que nenni. C’est d’un équilibre absolument parfait, présent sans être dominant, totalement gourmand. L’ail supporte avec bonheur des gnocchis fumés et délicieusement fondants. Un autre grand moment.

Filet de chevreuil avoine et coing

On revient sur un plat plus classique, quoique l’accompagnement d’avoine pourra dérouter certains.

Cuisson parfaite d’un gibier de grande qualité, jus court réduit puissant et savoureux, mousseline de coing à tomber, avoine croquant qui complète bien le tableau, grand grand plat.

Betteraves et fruits rouges

Magnifique premier dessert, associant sorbet pacossé de fruits rouges à quelques dés de betteraves et fruits rouges. Beaucoup de fraîcheur, on est sur des notes fruitées et acidulées qui opèrent une belle transition entre les plats précédents et les desserts suivants.

Levure brioche et miel

La levure est devenue désormais une composante de dessert de plus en plus souvent rencontrée. Dans cette configuration où brioche et miel se complètent, on est sur un équilibre parfait entre le sucré et l’amertume. Excellent. 

Chocolat, yaourt, chicorée

Un dernier OVNI pour la route ? Boule transparente de sucre enfermant une mousse chocolatée.  Association magique avec la chicorée et le yaourt, que rajouter pour ce dernier plat qui cloture on ne peut mieux ce fabuleux repas.

La cuisine d’Alexandre semble s’être radicalisée, simplifiée, recentrée sur l’essentiel : son terroir, ses produits, ses inspirations personnelles. Les goûts sont directs, les préparations sans concession. Cela pourra choquer certains, nous ça nous a bouleversé dans l’approche et conquis dans l’assiette.

Nous finissons la soirée avec Alexandre autour d’un dernier verre, lui faisons part de nos humbles avis de gourmands qui avons passé une formidable soirée. 1h du matin, nous quittons les lieux et remercions Alexandre pour le temps qu’il nous a consacré et le félicitons encore pour ce repas.

Quelques jours plus tard, quelques semaines ensuite, et pas plus tard qu’il y a quelques jours, nous en reparlons encore de ce repas avec mon ami belge. Il existe des moments comme cela qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Nous parions que celui-ci en sera un.

Laurent V

La Bigarrade

Déjeuner du mercredi 17 décembre 2008

Voilà des mois que j’essaie de visiter cette adresse pour dîner. Mais devant le nombre de demande de réservations, il faut s’y prendre à l’avance, des semaines, voir des mois et à l’arrivée, toujours aucune visite depuis le début de l’année. C’est un rien plus simple au déjeuner. Et c’est pourtant complet chaque midi également. Pourquoi tant d’engouement ? La réponse est simple : parce que cette table fait figure d’exception à Paris.

Enfin en ce mois de décembre, ca y est, j’y suis pour déjeuner et vais pouvoir goûter à la cuisine de Christophe Pelé, ancien chef du Royal Monceau.

L’adresse est cachée dans une rue du 17ème, près des Batignolles, le parking du marché non loin tombant à point nommé car il faut avouer que trouver une place n’est pas chose aisée dans le quartier.

A l’intérieur, on découvre une petite salle confortable au cadre moderne et épuré, 20 couverts, une cuisine ouverte permettant de voir le chef à l’oeuvre, un service jeune et communiquant volontiers avec sa clientèle, et last but not least, des tarifs défiant toute concurrence : un premier menu Déjeuner à 35 euros et un second à 45 euros pour une séquence de 10 services, non, on ne rêve pas.

Car on n’est pas dans l’à peu près, dans le vite fait mal fait. Chaque plat servi, chaque dégustation se révèle pointue, précise, c’est propre, goûtu et rondement cuisiné.

Des cuissons parfaites pour des produits de grande qualité. Une cuisine centrée sur le produit, magnifié par quelques accompagnements de bon goût dans une présentation contemporaine et épurée.

Le principe des menus s’inspire de ce que fait un peu Pascal Barbot à L’Astrance : pas de carte, pas de menu figé, on annonce un tarif et un nombre de plats, le contenu suivra la saison et les produits qu’aura décidé de mettre en valeur le chef en ce jour (il semble que les tarifs soient plus élevés le soir, j’aimerais pouvoir vous le confirmer un jour…).

Aussi à peine le cap franchi d’une dégustation de foccaccia et d’huile d’olive qu’arrivent les premières mises en bouche : il ne me fallut pas plus de temps pour tomber sous le charme de cette adresse et comprendre son succès.

La suite ne sera qu’un enchainement de plats savoureux et brillamment réalisés, on valse sur une Saint-Jacques crue en tartare relevée d’un jus de pomme, on s’esclaffe de bonheur devant un bar cru mariné, on glisse sur une crème de topinambours et poutargue de thon, on jubile sur la cuisson d’une lotte dans toute sa splendeur ou d’une volaille fondante à souhait.

Quelques fromages pour suivre …

L’atterrissage se fait tout en douceur avec 3 pré-desserts légers et onctueux suivis d’un dessert au chocolat absolument divin.

Et on finit sur quelques mignardises, au cas où il vous resterait encore un peu de place…

Et tout cela, en effet, pour 45 euros / couvert. Incroyable non ?

Côté carte de vins, peu fournie (2 pages A4), mais proposant des flacons de qualité à tarifs corrects (j’ai noté un Gourt de Mautens rouge pour ma prochaine visite).

Bref, après l’Agapé, voici mon 2ème coup de coeur Parisien. A consommer sans modération.

Laurent V

L2O

It was not an easy task for L2O to be our next meal after the tremendous evening we had the day before at Alinea. But i was not really worried. From what i had read on a few blogs (U.E. and Chuck), i was convinced that L2O could provide a lot of pleasure too and be maybe the best surprise of this trip.

Restaurant L2O is located in front of the Lincoln Park, in a very nice area of Chicago North. After a 10 minutes taxi drive from our hotel, we arrived there at 8pm, on time and hungry (yes, yes, hungry…).

Once we entered the restaurant, we were immediately seduced by the beauty of the place.

Our table was nested in a little alcove, bringing a great intimacy and a small romantic touch, not bad at all. The table is in marble (or a sort of marble, no idea), with very comfortable seats.

The service is quite young, probably the youngest we got during our stay but performed quite well and was extremely attentive to us.

For the aperitive, we decided to start with a glass of white wine (a greek viognier from Skouros domain) and i immediately have a look to the wine list, again really attractive and offering a nice « by the glass » wine selection.

For this last meal, we’ll go of course for the tasting menu, but no wine pairing this time, i wanted to try some american wines for my last meal and we selected a chardonnay from Dumol 2005 – really good and meeting 100% my expectations : buttered, oaked but still fresh and correctly balanced.

Then we start the menu with the following appetizers :

Salmon

This first small appetizer confirms the feedbacks i had : we are in a restaurant specialized in fish. And the fish quality here is of an extremely high level, even for this small first bite.

Tuna

This was confirmed by this second appetize where we got raw tuna matched with lime foam.

Kinmedai, cherry wood scentend, shiso bud

And here comes the first starter : a fish i never ate before and i must admit it was absolutely stunning. What a quality of product, and what a finesse and subtile pairing with the wood scents and the shiso buds. I loved it. We loved it.

Tuna, yuzu, soy sauce, olive oil

This next dish was great but less surprising then the previous one. The yuzu and soy sauces are really good and we were happy they were here to bring some stronger tastes to balance the tuna itself.

Tofu

I miss the details of the dish. And this is a real pity as i remembered it being the best of the meal. First time of my life i’m eating tofu like this one. Amazing taste, enriched with the onions, sauce and flowers. Fantastic.

Spanish mackerel, pickled cucumber

For this next course, we were served fresh and raw mackerel, first time i eat mackerel in such a way. And in opposite of the tastes i was used to have when eating such fish cooked and caramelized, it’s of an absolute sweeteness here and brillantly paired with a light olive oil and some cucumber thin slices. Lovely.

Halibut, butter poached, oyster, frisée, parsley,

This course was the most impressive course of the meal from a visual perspective. I enjoyed the arrival of the dish on the table, and was positively surprised by the first bites i took.

The fish had a fantastic taste and was perfectly cooked (to me). I enjoyed the soft but crunchy parsley texture. The oyster (under the frisée) brings some iodic and freshness in the plate. Excellent fish course. Another one…

Swordfish, fennel, olive, bow tie arugula

That was the single disappointing dish of the evening. It was nice, good, but had nothing exceptional too. Probably due to the cooking of the swordfish, slightly too overcooked for me.

Suruma Ika Taglioni, parsley

This next course brings this meal again at the top. A very delicate dish, perfect cooking of the squid, a light and creamy sauce and very tasty taglioni : excellent again.

Skate wing , bordelaise, asparagus

First time i got skate wing prepared like this and it was really interesting. The concept of serving it slightly caramelized with asparagus and mainly bordelaise sauce gives this dish an originality that was very successfull. Great quality again of the fish : very good.

Pork belly, truffle, potato

I was questionning myself how a restaurant focusing so much on fish will serve and assume a meat course. Actually, it was good but not reaching the same quality level of the fish courses we had before. The truffle taste is well balanced with the potatoes while the pork is really well cooked but it doesn »t bring you to the next level where you are thrilled by what you eat. It was good but not unforgettable.

Shabu-shabu Medai, Kombu bouillon

Back to some fish again, and we liked it. Some hot bouillon was served together with a set of raw fishes we had to cook using the bouillon. It was the best possible end to this meal : incredible quality product, we enjoyed a delicious moment there tasting all these fish pieces.

Mango

I must say that except at Eleven Madison Park, i’ve found all the desserts we had (at WD50, Alinea and now here) from a very good level, probably higher from what i’m used to experience in France. This one here was again very good, bringing tastes straight to point but not to strongly, neither heavy.

Praline

Eating this one, i remembered the souffle i ate at Pierre Gagnaire 2 weeks before (i couldn’t finish it). This praline souffle is this time light and easy to eat, the praline taste and souffle texture are cleverly balanced in a way that this dessert can easily be eated. Great.

Mignardises

It never ended… what a nice meal again. From a quality perspective, and focusing on fish only, it’s one of the best fish menu i ever enjoyed.  The desserts and mignardises were perfect too. It’s not only innovative and good, it’s also about discovering new products and cooking methods. L2O succeeded in that higher that we could have ever imagine. And after the pleasure and emotions we got at Alinea, we really enjoyed L2O thanks to the already quite strong and solid food identity they demonstrate.

Except this swordfish course, really below the others, it was an excellent meal, in a fine and delicate atmoshere, served by a great and young team. Definitely a must for any foodie traveller to Chicago.

Before leaving the dining room, i asked to meet the chef (a french chef : Laurent Gras) but he was already gone : that was actually the single regret we had leaving L2O.

This closes a 5 days trip and 4 very good and different meals. I would visit each of them for sure again if i have any opportunity in the future. But not short term as my next trip is now scheduled in February 09 and Tokyo will be our new destination !

GoTiquement vôtre,

Laurent